Image de fond 1

Socle pour une goutte d'eau.

Matériaux mixtes. 2010.


Une sculpture lilliputienne d’un jeune artiste, Benoît Pype, Socle pour une goutte d’eau (2010), une petite boîte en bois tapissée de rouge, construite comme un écrin et ne pouvant accueillir qu’une seule goutte. J’ai beaucoup joué à déplacer les gouttes sur la toile cirée de la table à manger, jusqu’à ce qu’elles s’écrasent ; dans l’œuvre de Benoît Pype, les gouttes ne s’absorbent jamais, et sont au contraire magnifiées comme de minuscules pierres précieuses. Rêveur, Gaston Bachelard écrivait, dans ce qui semble être le seul passage consacré à l’imaginaire de la goutte dans L’eau et les rêves : « Une goutte puissante suffit pour créer un monde et pour dissoudre la nuit. » [2] Et laisser songeur…

Camille Paulhan.

[2] Gaston Bachelard, L’eau et les rêves, Paris, éd. José Corti, 1987, p. 13-14.